Thèmes de réflexion Niveau III. Bac +2

Approches des mécanismes de l’économie Mondiale actuelle.

Introductions.

La route de la soie et la recherche d'épices produites en Asie par l'Europe fut l'une causes de ce que l'on peut appeler le début de la globalisation de l'économie au Moyen Âge.
De nombreuses crises bâtirent notre économie.

Depuis une décennie les régulateurs du marché sont parvenus à limiter les conséquences des récentes crises économiques.

On remarque donc depuis dix ans cinq étapes que nous allons développés :

La crise asiatique,
La faillite du hegde fund LTCM,
L’éclatement de la bulle Internet,
La faillite d'Enron
La crise des subprimes .


Chaque fois, le système financier mondial a été mis en péril, chaque fois une explication a été avancée, chaque fois le spectre de la crise de 1929 a hanté les commentateurs, chaque fois un sauvetage des acteurs défaillants a été organisé et chaque fois l'économie a rebondi. À tel point qu'on en vient à se demander si l'économie mondiale n'est pas devenue incroyablement résistante et si, à la différence de 1929, nos gouvernants et nos régulateurs n'ont pas trouvé les moyens de juguler les crises. Mais avec la crise des subprimes, les remèdes traditionnels ne semblent plus fonctionner. Cette crise, aboutissement de dérèglements majeurs, serait-elle la plus sérieuse ?
Maîtrise-t-on réellement l'art de la gestion des crises ou sommes-nous en train de nous rapprocher, crise après crise, de la remise en cause de tout le système ?

Mais voyons d’abord les différentes crises récentes :

La crise asiatique. 1997.

La crise économique asiatique est une crise économique qui a touché les pays de l’Asie du Sud-Est à partir de juillet 1997, puis qui s’est propagée, avec un moindre ampleur, à d’autres pays émergents : Russie, Argentine, Brésil.
Le surinvestissement et des niveaux de dette extérieure très élevés sont les causes sous-jacentes de cette crise, qui a débuté sous la forme d’une crise monétaire (forte dépréciation des monnaies asiatiques).
La crise est initiée par la chute du baht thaïlandais, et se propage à très grande vitesse ; la dépréciation des monnaies touche l'Asie du Sud-Est et tout particulièrement Taïwan dont la monnaie est dépréciée de plus de 45 % par rapport au dollar en l'espace de trois semaines.


La faillite du Hedge Fund LTCM Long Term Management Capital. 1998

Rappel des faits.
Le 31 août 1998, Wall Street chute en séance de 6,8%.
John Meriwether, un trader hors pair domine les marchés obligataires chez Salomon Brothers où il arbitre depuis 1974. Le service qu'il y a créé engage la moitié du capital de la banque et réalise 87% de ses bénéfices en 1990.
En 1991, un scandale sur les bons du Trésor l’oblige à quitter la place.
En février 1994, il crée le « hedge fund Apatride, humaniste, philanthrope »

La plus formidable aventure financière de cette fin de siècle s'engage ainsi, adossée à un trader de légende et deux sommités prestigieuses de la « science » du risque, Myron Scholes et Robert Merton. Cette troïka ne sera pas en peine pour recruter des suivants de haute volée, dont quelques transfuges de chez Salomon Brothers : William Krasker, ancien professeur de Harvard, Eric Rosenfeld, Lawrence Hilibrand, recrue du MIT, devenu le plus jeune directeur de Salomon à 27 ans et le golden boy le mieux payé en 1991. Le vice-président de la banque centrale des États-Unis, David Mullins rejoindra l’effectif qui bientôt comptera 125 docteurs d’université. Cette pléiade de professeurs d’économie, de jeunes mathématiciens et autres rocket scientists fit dire à William Sharpe, prix Nobel d’Economie en 1990, que « LTCM était sans doute le meilleur département universitaire de finance du monde ». Loin de la frénésie de Wall Street, John Meriwether et son académie élaboreront, à l'aide d'instruments financiers des plus sophistiqués, la stratégie des hedge funds. Ici naîtront quelques-uns des montages financiers les plus complexes que l’imagination humaine ait jamais su commettre. Il ne se pouvait que la qualité de pareil attelage pût faillir à convaincre le plus méfiant des investisseurs !

Merrill Lynch, l’une des premières banques d’affaires de Wall Street, est chargée de collecter le milliard de dollars que Meriwether juge nécessaire au déploiement du fonds. Le ticket d’entrée est à l’avenant : chaque investisseur doit apporter un minimum de 10 millions de dollars, bloqués pendant trois ans, sans droit de regard sur les transactions, avec des commissions parmi les plus élevées du moment : 2 % des fonds investis et le quart des gains ! On fait une fleur à David Komansky, président de Merrill Lynch, qui n’apporte que 800.000 dollars de sa propre poche, mais avec lui 123 cadres de sa banque, qui investissent 22 millions de dollars. James Cayne et Donald Marron, patrons de Bear Stearns et de Paine Webber suivent. Phil Knight, fondateur de Nike est de la partie. Pour 100 millions de dollars, le statut est privilégié, qui permet d'échanger des informations : la banque d'Italie mise 250 millions, la banque japonaise Sumitomo, la banque de Chine 100 millions chacune, l'Union de Banques Suisses, la Chase Manhattan, Deutsche Bank, pour les françaises, la Société Générale et Paribas emboîtent le pas. Tant d’autres et non des moindres ! Le 24 février 1994, à 9 heures du matin, le hedge fund LTCM lance ses premières opérations. Le milliard y est, précisément 1.011.060.243 de dollars.

La stratégie est simple : profiter des opportunités d'arbitrage sur les marchés de taux d'intérêt grâce à une approche purement quantitative. On court le monde en quête de déséquilibres, puis on parie lourdement sur une correction ultérieure, grâce au levier des marchés dérivés et de l’endettement. Le vrai secret, celui qui confère un avantage définitif, qui identifie l’anomalie du marché, est mathématique, pourvu que la variation des prix soit normale : il vaudra à Myron Scholes et Robert Merton la couronne Nobel, juste à temps, en 1997 ... On a peine à croire qu’en février 1994, Scholes et Merton, secondés par une cohorte de mathématiciens, aient pu ignorer que leur formule ne valait que dans des marchés apaisés. Et que des savants réfléchis, doublés de financiers expérimentés, qui avaient croisé les chocs pétroliers, les crises du crédit, l’effondrement japonais, et autres épisodes dont le krach de 1987, se soient si peu gardés des aléas violents qui surviennent sans crier gare. N'est-ce pas l’infinie certitude dans des modèles mathématiques négligeant les extrêmes, qui anesthésiera ces magiciens du risque ?

La machine à gagner est en marche : les marchés sont uniformément haussiers. La performance nette s'élève à +20% en 1994, +43% en 1995, +41% en 1996 et +17% en 1997. On commence à adopter des positions de plus en plus importantes pour augmenter l’effet de levier, sans diminuer pourtant les risques. Petit à petit, peut-être au grand dam de Myron Scholes, le fonds s’écarte de sa stratégie initiale de recherche des anomalies du marché, pour spéculer maintenant sur l’orientation des cours des obligations, c’est-à-dire sur le marché lui-même et non sur ses errements temporaires. Mais les marchés ne se montrent pas indéfiniment apaisés. Des désordres monétaires surviennent bientôt. Un vent mauvais venu d’Asie se met à souffler, qui gagne bientôt la grande Russie : le lundi 17 août 1998, le système monétaire et financier russe tombe : une puissance nucléaire vient de s’effondrer ! Le 20 août, début de la panique boursière : Wall Street perd 15% en ce mois d’été. Le marché est devenu turbulent. La mathématique financière de LTCM est débordée. Il ne faudra pas plus d’un mois pour qu’elle soit balayée ! Le reste n’est qu’agonie.

Le 23 septembre 1998, William McDonough, président de la Réserve Fédérale de New York, réunira le gratin de la finance : une quinzaine d’établissements, clients du fonds et seuls capables de liquider les positions dans le calme, apportera 3,625 milliards de dollars en 48 heures. Des traders vedette sont remerciés aux quatre coins de la planète financière ; ING Barings licencie 1200 personnes, Merrill Lynch, près de 4300, pour ne rien dire de ceux qui les imiteront. Bah, le système bancaire international est sauvé, la menace qui pesait sur la stabilité financière mondiale, écartée …

Les « « plumés » promirent qu'on ne les y reprendrait plus. Ils mentaient tout à fait : fin 2006, le hedge fund Amaranth Advisors consumera six milliards de dollars. Seule une officine située dans l'île de Jersey, Lakonia Management Ltd, a traîné LTCM devant les tribunaux de Manhattan 5. Quant à John Meriwether, saluons son retour au club : son revenu 2006 a été évalué entre 50 et 75 millions de dollars.


La bulle internet. 2000.

La période d'euphorie (1995-2000)
Les premiers symptômes de la bulle technologique apparaissent en 1995. La frénésie des investisseurs lors de l'introduction en bourse de Netscape fait monter le cours de l'action de la jeune société de 28 à 75 $ en un jour.[1],[2] À la fin de sa première journée de cotation, la société atteint 2 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Pendant environ cinq ans, les gains promis par les sociétés du secteur des TIC aiguisent l'appétit d'un nombre croissant d'investisseurs, grands et petits, ce qui se traduit par des volumes importants d’émissions d’actions, d’emprunts et de crédits bancaires. Les valeurs boursières des entreprises du secteur augmentent sans lien avec leur chiffre d’affaires réel ou leurs bénéfices.


L'indice IXIC du marché électronique NASDAQ, qui était à 1 000 au début de 1995 a ainsi été multipliée par 5 en 5 ans. Ceci s’explique par :

Un excédent mondial d'épargne financière, lié notamment à la préparation de leur retraite par les baby boomers ;
Une modification de la politique monétaire très accommodante aux États-Unis et au Japon. Le crédit, peu cher, est largement disponible, notamment grâce aux investisseurs en capital risque (venture capitalists);
Plusieurs changements de politique macro-économique amplifient l'effet :
L'ouverture à la concurrence du marché des services de télécommunications dans la plupart des pays de l'OCDE a eu pour incidence d'augmenter massivement les investissements des opérateurs et entraine de nombreuses fusions-acquisitions dans tout le secteur.
Les investissements réalisés dans l'informatique pour adapter les systèmes à l'an 2000 gonflent les rendements des sociétés informatiques.
Les pays européens investissent pour assurer la transition des monnaies nationales à l'euro
La popularisation du réseau Internet en 1994 fait croire à la veille d'une deuxième révolution industrielle et, partant, d'une période de croissance économique faramineuse.


Enron 2001.

Enron fut l'une des plus grandes entreprises américaines par sa capitalisation boursière. Outre ses activités propres dans le gaz naturel, cette société texane avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l'électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l'État de Californie. En décembre 2001, elle fit faillite en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de l'électricité ; elles avaient été masquées en bénéfices via des manipulations comptables. Cette faillite entraîna dans son sillage celle d'Arthur Andersen, qui auditait les comptes d'Enron
Andersen longtemps connue sous le nom d'Arthur Andersen était une société basée à Chicago spécialisée dans l'audit, les services fiscaux et juridiques, le corporate finance et le conseil.
Elle faisait partie des grands réseaux mondiaux d'audit financier et comptable, appelés aussi à l'époque Big Five.
Elle fut démantelée en 2002 suite au scandale Enron. De l'entreprise de plus de 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires, il ne reste désormais plus qu'une petite structure à Chicago chargée d'apurer les conflits juridiques existants et de sa propre liquidation.

Subprimes 2007.


Les subprimes sont des crédits à risque comprenant les prêts hypothécaires, les cartes de crédit, les locations de voitures, accordés aux États-Unis à une clientèle peu solvable, sur la base d'une majoration du taux d'intérêt (« prime » appliquée à un emprunteur dont la solvabilité est « en dessous » d'un certain seuil) censée compenser les risques pris par le prêteur. Les remboursements d'emprunt immobiliers étaient limités au paiement des intérêts (déductibles aux États-Unis)[1], celui du capital étant souvent différé pour s'imputer sur le prix de revente du logement deux ou trois ans après, avec une plus-value tant que les prix de l'immobilier montaient, ce qui était le cas avant 2006. Ces prêts étaient majoritairement accordés à des conditions de taux d'intérêt variables. Le double mouvement de baisse des prix de l'immobilier aux États-Unis (dégonflement de la bulle immobilière) à partir de 2006 et de remontée des taux d'intérêt a conduit au défaut de paiement de nombreux emprunteurs, et donc à la mise en situation de faillite, ou de quasi-faillite, des établissements spécialisés aux États-Unis. D'autant que les prix des habitations sont tombés sous la valeur de garantie.


Idées de conclusion et d’avenir.

“Notre système économique hérité de l’ère industrielle s’épuise et touche à sa fin. Cette économie de l’excès en tout est entrée en conflit frontal avec la société, au détriment de l’humain et de la planète.”

Lire quelques extraits de texte SmartTrends 2007 de René Duringer

“Face à une course déflationniste, la seule alternative : un nouveau type de croissance qualitative reposant sur

l’innovation, le savoir, le maillage des idées, la prise en compte des individualités et projets de vie de chacun, le capital humain, la créativité, la culture.
Nous constatons tous que ce modèle de développement économique ne satisfait plus personne [salariés, dirigeants, consommateurs, etc.]. Il ne s’agit pas d’une crise de société, d’un dépit passager ou d’une déception. Nous sommes dans l’« entre deux », un carrefour [2008_2012]. Nous voyons émerger des individualités et des singularités autour de nous, des gens dont le moteur est l’accomplissement de soi et non le gain financier.

Ce sont les nouveaux « croisés » de la croissance Q [qualitative], en remplacement de la croissance plus…
Les nouveaux fondamentaux c’est :
la quête du sens et de valeur,
L’innovation plus humaine et transversale,
L’intelligence collective des réseaux sociaux,
L’économie des singularités,
La priorité à l’immatériel,
La valorisation de l’intuition,
Des valeurs féminines et de la créativité.
Cette nouvelle croissance qualitative se propose d’inventer un système avec une harmonie entre l’économique et la vie [singularités, mère nature]. Face à ce monde économique qui s’éteint les initiatives pullulent malgré les difficultés. Car si 4 français sur 5, se posent encore la question tous les matins de savoir a quoi mène leur vie [y compris des PDG du CAC 40], les autres se lancent dans de nouvelles trajectoires individuelles autour de convictions, parfois se mettent en situation de rupture ou de mue ou bien combinent des activités paradoxales.
Paris, le 14 juillet 2007 René Duringer

Vocabulaire :

Une action c’est un titre de propriété, (en anglais britannique : share, en anglais américain : stock) délivré par une société de capitaux (i.e. une société anonyme ou Société en commandite par actions). Elle confère à son détenteur la propriété d'une partie du capital, avec les droits qui y sont associés: Intervenir dans la gestion de l'entreprise et en retirer un revenu appelé dividende.

Bear Stearns entre 2005-2007, fut reconnue comme la "plus admirable" (most admired) société de valeurs mobilières, par l'étude du magazine Fortune "America's Most Admired Companies", et seconde parmi les sociétés de titres. Cependant, en mars 2008, l'action de la société perd 80 % de sa valeur, soit un retour en arrière de 10 ans, en relation avec la crise des prêts immobiliers dite des subprime.
Le 14 mars 2008, la société annonça un plan de financement d'urgence par la Fed.
Le 16 mars 2008, annonce de l'acquisition de Bear Stearns par JPMorgan Chase Bank à $2 l'action. Elle en valait 130 en octobre 2007 et plus de 60 le 12 mars ! Le 24 mars suivant, JPMorgan réévalue son offre à $10 l'action.

Un krach est un effondrement brutal des valorisations d'une classe d'actifs, comme par exemple les cours sur un marché financier à la suite d'un afflux massif d'ordres de vente. Un krach intervient souvent suite à l'éclatement d'une bulle spéculative, comme en 2000 lors de la bulle Internet. Le krach peut parfois préfigurer une crise économique profonde.

Une obligation (en anglais : bond) est un titre de créance (valeur mobilière ou immobilisation financière) représentatif d'un emprunt. En tant que tel, l'obligation est cessible et peut donc faire l'objet d'une cotation sur une Bourse, i.e. un marché secondaire. Dans la pratique, les volumes échangés se négocient principalement de gré à gré.

L'indice NASDAQ sigle de National Association of Securities Dealers Automated Quotations, est le deuxième plus important, en volume traité, marché d'actions des États-Unis, derrière le New York Stock Exchange et le plus grand marché électronique d'actions du monde.

Un think tank est une institution de droit privé, regroupant des experts, plus ou moins spécialisés, émettant des idées dans le domaine des sciences sociales disposant d'une capacité d'analyse et de réflexion interne et visant à faire des propositions de politique publique. Un think tank se dit laboratoire d'idées selon la terminologie officielle dans les pays francophones. En France, certains parlent de cercles de réflexion ou, pour désigner le phénomène plus général des clubs, fondations ou autres associations de ce type qui se multiplient, de « groupes de réflexion et d'influence». D'autres préfèrent le terme d'« institut indépendant de recherche
sur les politiques »